Pour venir à bout du tabagisme, les professionnels de santé de 1er recours du territoire sont accompagnés par l’Association HAUTS-DE-FRANCE ADDICTIONS, afin de mener une démarche d’éducation pour la santé auprès des patients fumeurs et les aider ainsi à trouver la voie du sevrage tabagique.

Pour y parvenir, il est essentiel d’ouvrir le dialogue. Pour ce faire, l’utilisation d’un CO testeur (mesure du monoxyde de carbone (CO)) peut s’avérer précieuse. Comme le rappelle Mme Marie Deprecq, chargée de missions chez HAUTS-DE-FRANCE ADDICITONS, cet outil n’est pas un outil motivationnel pour entamer un sevrage tabagique mais un « outil d’entrée dans le dialogue, de référence pour le patient et le professionnel de santé ».

Concrètement, qu’est-ce qu’un CO testeur, à quoi sert-il et comment ça marche ?

Le CO testeur permet de mesurer le CO expiré ou le CO de l’air ambiant.

Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz polluant lié à la combustion. Toute substance organique brûlant en présence d’une faible quantité d’oxygène produit du CO : essence, feu de bois, de charbon, cigarette de tabac ou haschich, cigare… Les pots d’échappement des automobiles émettent également du monoxyde de carbone.
Le monoxyde de carbone est une molécule, parmi les nombreux composants de la fumée du tabac, nocive pour la santé des fumeurs comme celle des non-fumeurs.

  • Chez le fumeur, la mesure du CO expiré (COE) facilite la prise de conscience du degré d’intoxication en CO tandis que les effets du tabagisme ne sont pas nécessairement ressentis au niveau corporel.

C’est une méthode simple, rapide et non invasive pour déterminer le statut tabagique des patients. Certaines difficultés d’interprétation du COE doivent toutefois être connues.

Le CO est un marqueur biologique non spécifique du tabagisme. Sa demi-vie est courte (deux à six heures). Il reflète l’intensité de l’inhalation de la fumée de tabac.

Attention toutefois aux faux positifs :

Sa forte affinité pour l’hémoglobine, produisant de la carboxyhémoglobine (HbCO), provoque une hypoxie tissulaire. La corrélation entre le COE et l’HbCO est forte et linéaire. Le sexe, la ventilation pulmonaire, l’activité physique et la période du nycthémère modifient l’élimination du CO. Le taux de COE est augmenté par la consommation d’alcool ou de bonbons riches en polyol et au cours de l’intolérance au lactose, des anémies hémolytiques, du diabète de type 1 et 2, de l’asthme, de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) et de la dilatation des bronches. Un trouble ventilatoire obstructif modifie la relation entre le COE et l’HbCO sérique. Le seuil optimal du COE pour distinguer les fumeurs des non-fumeurs varie de trois à dix particules par million (ppm). Cependant, il est de 10ppm dans l’asthme et de 11ppm dans la BPCO.

Les faux positifs et les pathologies augmentant la production endogène de CO doivent être connus pour interpréter les taux de COE et d’HbCO en pratique clinique.

  • Chez le fumeur passif, la mesure du CO de l’air ambiant permet de sensibiliser les non-fumeurs au danger du tabagisme passif.

 

Résumé des objectifs du CO testeur :

  • Evaluer le taux de CO dans l’air expiré du fumeur et du non-fumeur,
  • Analyser le taux de CO du patient au regard de sa consommation,
  • Décrire l’effet du monoxyde de carbone sur l’organisme,
  • Comparer les mesures aux seuils des recommandations sanitaires (intoxication au CO),
  • Relier le taux de CO du patient aux seuils et risques pour la santé,
  • Trouver des solutions pour diminuer ou arrêter sa consommation.

Le CO testeur en action: